Sur l’hésitation à expliquer
Ne possédant ni de grandes qualités d’écriture ni un savoir académique approfondi, j’ai choisi d’encadrer cette préface des paroles d’autrui, laissant leurs éclairages guider la réflexion. Les citations servent de petites lumières sur le chemin, tandis que ma propre voix demeure un compagnon humble et discret.
En tant que créateur de cette collection de sculptures inspirées du tarot, j’ai souvent ressenti la tension entre le désir d’expliquer et la conscience que le véritable sens ne peut être transmis. Chaque symbole contenu dans ces statues porte un univers d’interprétations — des histoires, des archétypes, des résonances personnelles — qu’aucune explication unique ne saurait contenir.
« Le symbole n’offre pas de réponses, mais des invitations — à voir, à ressentir, à se souvenir. » — Mircea Eliade
J’hésite à imposer ma propre lecture, car la puissance d’un symbole réside dans son ouverture. Chaque spectateur y apporte son propre Soi, et ce n’est que dans cette rencontre que le sens s’éveille. Pour moi, une sculpture ne parle que si le regardeur est prêt à l’entendre. Certains en percevront immédiatement la résonance ; d’autres n’en verront que la forme. Contempler un symbole, c’est entrer dans un champ de résonance — une chambre d’échos de significations à la fois anciennes et intimes.
« Les symboles sont puissants parce qu’ils sont les signes visibles des réalités invisibles. » — Saint Augustin
Les symboles agissent comme des catalyseurs de transformation intérieure : ils illuminent l’ombre, révèlent le potentiel caché et aident le Soi à s’harmoniser avec un ordre supérieur. L’œuvre peut parler, ou demeurer silencieuse, attendant le moment où le spectateur sera prêt à l’écouter.
« À travers le symbole, le Soi apprend à se connaître lui-même. » — Carl Jung
Ainsi, les sculptures deviennent des miroirs — reflétant à la fois les archétypes universels et le parcours singulier de chaque individu. L’hésitation à expliquer n’est pas une fuite, mais une forme de respect : la reconnaissance du voyage alchimique profond que chaque spectateur doit entreprendre seul.
J’ai décidé d’ajouter des descriptions aux statues, non pour en imposer le sens, mais pour partager ce qui m’a conduit à choisir tel ou tel élément — les intuitions, les choix et les expériences qui ont guidé la création de chaque pièce.

FOOL

Le voyage du fou : un passage alchimique
Ici commence le voyage
Le Héros s’engage sur le Chemin, laissant derrière lui le familier, le sûr et le connu. Sous l’archétype du Fou, il franchit le seuil de l’inconnu — un saut de foi qui exige confiance, curiosité et ouverture. La certitude est abandonnée, le contrôle relâché, et l’ordinaire se dissout dans l’extraordinaire. Chaque pas en avant est une épreuve, mais au cœur de cette descente réside la promesse d’une révélation : le dévoilement du vrai soi, dissimulé sous les habitudes, les attentes et les contraintes sociales.
Le Fou est le symbole central de la transformation, une figure résonnant à travers l’alchimie, le mythe et la psychologie jungienne. En termes alchimiques, il incarne la prima materia, la matière brute contenant toutes les potentialités avant la forme — la substance chaotique qui doit être raffinée en sagesse. Dans le mythe, il est le vagabond éternel, le héros au seuil, le trickster dont l’innocence ouvre la porte à l’aventure et au changement. D’un point de vue jungien, il représente l’archétype du Soi au commencement de l’individuation — l’aspect non formé, non éprouvé et vulnérable de la psyché, prêt à affronter l’inconnu et à intégrer l’expérience.
Il renonce à son château, emblème de sécurité terrestre et de l’ego. Ce n’est qu’en quittant cette forteresse que le Fou peut véritablement entreprendre son voyage de transformation. Debout devant le mystère, il se livre à l’inconnu, reconnaissant que la véritable croissance demande humilité et ouverture. Sur son dos repose une guitare dont la forme vibre des harmoniques supérieures de l’âme — symbole de résonance et d’accord avec les rythmes subtils de la vie. À son oreille, une petite tête sculptée sur l’instrument incarne l’appel mystique secret — la voix intérieure qui éclaire les chemins cachés et invite le Héros à une conscience plus profonde. Dans sa main, la fleur délicate symbolise la sagesse et la beauté spirituelle ; à son côté, le chien fidèle fait le pont entre l’instinct et la conscience, guidant le Fou à la fois par l’avertissement et par l’encouragement.
La chemise du Fou porte le soleil, rayonnant et lumineux, symbole de vitalité, de conscience et de la lumière directrice de l’esprit. Sa besace, ornée d’étoiles, évoque les possibilités infinies du cosmos, la sagesse cachée de la nuit et la guidance onirique de l’intuition. Ensemble, ces symboles célestes lui rappellent que la lumière et l’ombre, le jour et la nuit, le monde extérieur et intérieur font tous partie du voyage.
Il est léger, naïf, presque enfantin — l’enfant éternel du Tarot. Vacillant au bord du précipice, il embrasse le monde non comme une menace, mais comme une toile de merveilles, où chaque rencontre et chaque risque devient une occasion de grandir. Le serpent qui s’enroule autour de lui est un symbole vivant du danger, de l’inconnu et de la première peur que tout voyageur doit affronter — rappel que le chemin de l’initiation commence toujours par la confrontation à ce qui effraie et échappe à la maîtrise. Il incarne aussi les cycles éternels de la vie et la réflexion intérieure qu’éveille chaque expérience. À ce stade, il n’a ni recul ni prévoyance : il se livre pleinement au moment présent, guidé par l’instinct, la curiosité et le souffle secret de sa voix intérieure. Chaque pas participe du processus alchimique : la dissolution des anciennes certitudes (nigredo), l’éveil de la conscience intérieure (albedo), et la lente distillation de la sagesse en lumière consciente (rubedo).
La figure avance, suspendue entre terre et air, les membres tendus dans un mouvement fluide, le regard levé dans la confiance et l’émerveillement. Les textures lisses et rugueuses s’entrelacent, suggérant la tension entre stabilité et chaos, matière et esprit. Les drapés flottent autour de la figure tels des vents figés, vivants pourtant, tandis que la base circulaire et irrégulière ancre la forme. Sous cette base se cache un subtil labyrinthe — symbole de chacun de nous, de nos parcours personnels, expériences uniques, épreuves et découvertes. Il nous rappelle que le chemin de la vie n’est jamais droit : la croissance exige de traverser les détours, les virages et les couloirs secrets du soi.
Ainsi, le Fou demeure le symbole central du voyage humain, unissant mythe, psyché et alchimie : un témoignage vivant de la confiance, du courage et de la merveille de s’aventurer dans l’inconnu. Son saut, la musique de l’âme, la fleur de sagesse, le compagnon fidèle, le serpent — première peur à affronter —, le labyrinthe sous ses pieds, la guidance céleste et les cycles de la vie sont tous capturés dans la forme, battement de cœur figé au sein de l’infinie danse de la métamorphose.
Sous chaque statue repose un labyrinthe, symbole caché de notre voyage intérieur — le chemin secret appartenant à chaque âme qui ose le parcourir.

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MAGICIAN


Le Magicien – le pouvoir intérieur
Le Magicien — Le Pouvoir Intérieur
Alors que toi, le Fou, poses le premier pas sur le chemin de l’initiation, la première figure que tu rencontres est le Magicien — l’incarnation du Feu, l’étincelle de la création, le principe actif et masculin, le maître de la manifestation.
Il est le pont entre l’Esprit et la Matière, entre l’infini et le tangible, le courant vivant qui allume la transformation alchimique de l’âme.
Au centre de sa poitrine brille un huit couché, creux et lumineux : emblème éternel de l’infini, de l’unité et du flux incessant de l’énergie. Il est le cœur alchimique de la création, symbole d’équilibre, d’harmonie et de métamorphose infinie — là où les commencements et les fins se fondent, où l’intention devient action, et où l’Esprit circule dans la Matière en un cycle ininterrompu.
Ce huit creux est aussi le portail lumineux du Corps de Lumière — le vaisseau subtil par lequel la conscience rayonne au-delà de la forme. Il reflète les enseignements ésotériques qui parlent de l’éveil de la lumière intérieure, de la transmutation de la densité en rayonnement, et du libre écoulement de l’Esprit à travers le cœur purifié.
Par ce symbole, le Magicien incarne l’union vivante de l’énergie et de la conscience — la naissance de la lumière divine dans la matière, allumée et soutenue par le Feu, force active et transformatrice.
S’enroulant autour de son corps, un serpent se dresse et retombe comme un fleuve vivant d’énergie. C’est la kundalini, le Feu latent en tout être — la flamme de transformation qui éveille la conscience, traverse la création et la destruction, et incarne le principe alchimique du renouveau éternel. Ce Feu sacré purifie, dynamise et révèle le potentiel caché, transformant la matière brute de l’âme en or spirituel.
Derrière lui, un emblème ancien du Soleil et de la Lune entrelacés dans les flammes irradie une sagesse cosmique — le jour et la nuit, la lumière et l’ombre, la dualité et l’union, le temps et l’éternité — tout cela tissé dans le Feu éternel de l’existence. Les flammes reflètent la même énergie masculine et active qui traverse le Magicien : l’étincelle cosmique qui allume la manifestation et soutient la danse de la création.
Devant lui repose une table d’outils sacrés, chacun porteur d’un pouvoir symbolique — la maîtrise des éléments :
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Le Graal, calice de réceptivité, de potentialité divine et de la possibilité de toutes choses — Eau.
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La Baguette, canal du principe actif, du Feu spirituel et de la volonté focalisée qui façonne la réalité — Feu, instrument d’initiation, d’illumination et de transformation.
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Les Pièces, symboles de maîtrise terrestre, de sagesse enracinée et de la matérialisation de la pensée en forme — Terre.
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L’Épée, lame de clarté et de discernement, tranchant à travers l’illusion pour révéler la vérité — Air.
Ainsi, le Magicien devient le Maître Alchimiste, harmonisant les quatre forces élémentaires — Eau, Feu, Terre et Air — et les transmutant par la volonté consciente.
En tant qu’incarnation du Feu, il représente le principe masculin, actif : l’étincelle initiatrice, la force créatrice qui anime toute manifestation, la flamme purificatrice qu’honore l’alchimie, à la fois destructrice et créatrice. Le Feu révèle les vérités cachées, dissout la stagnation et transmue la matière en Esprit.
Il est le lien vivant entre le Ciel et la Terre, entre l’Esprit et la Matière, entre le visible et l’invisible.
Dans sa forme, on peut entrevoir l’archétype d’une figure christique, incarnation du cinquième élément — l’Esprit, ou l’Éther — qui unit et transcende les quatre éléments matériels. Cela évoque l’idée d’un équilibre divin : une maîtrise non comme domination, mais comme alignement sacré avec l’intelligence créatrice du cosmos.
Pourtant, son apparente lévitation révèle un paradoxe caché. Le Magicien semble flotter au-dessus du sol, mais en réalité, il est assis sur sa propre cape, qui le soutient à son insu. Cette illusion subtile porte un avertissement : les apparences peuvent tromper, et même l’illumination peut être imitée.
Elle nous rappelle de discerner entre la vraie maîtrise et l’illusion du pouvoir — entre l’initié authentique et le charlatan drapé de lumière empruntée.
Sous sa table plane l’ombre du Diable, éternel rappel que tout pouvoir comporte un risque. Sans vigilance, discipline et conscience, la maîtrise peut vaciller, engendrant attachement, ignorance ou chaos. Les outils du Magicien, comme le Feu lui-même, peuvent créer ou détruire : le chemin exige équilibre, clarté et intention.
À travers le Magicien, le Fou apprend que le désir seul ne suffit pas à manifester.
L’effort, la discipline et l’action consciente sont les clés alchimiques. Il comprend qu’il est le créateur de sa propre réalité — que la véritable maîtrise naît du dedans — et que les énergies subtiles de l’univers ne répondent qu’à la volonté éveillée et délibérée.
Chaque élément — le huit lumineux sur sa poitrine, le serpent, le Soleil et la Lune, les outils sacrés, l’illusion de la lévitation, l’ombre du Diable — révèle une strate de vérité ésotérique.
Ils incarnent l’alchimie de l’existence : l’union des opposés, la fusion de l’Esprit et de la Matière, la maîtrise des éléments et l’équilibre délicat de l’ombre et de la lumière.
Le Feu circule à travers tout cela, agent actif de transformation, illuminant le chemin de la conscience et éveillant l’étincelle latente en chacun.
À ce seuil, les enseignements de l’alchimie et des traditions ésotériques convergent, tous parlant du Corps de Lumière — le temple intérieur de clarté construit par la conscience, la pureté et l’intégration.
Mais, comme l’a révélé Carl Jung, la véritable illumination ne naît pas du rejet de l’ombre, mais de son intégration. L’individuation — le processus par lequel l’être devient entier — exige d’accepter, de reconnaître et de réconcilier l’ombre. Ce n’est qu’en embrassant la lumière et l’obscurité que le Magicien devient complet, transmutant la matière brute de la psyché en or spirituel.
Le Magicien est l’agent éternel de la transformation, le Feu qui façonne les mondes, la présence consciente qui plie la réalité. Se tenir devant lui, c’est entrevoir les courants cachés de la création, éveiller la puissance latente en soi, et entreprendre le long et sacré travail de transformer la pensée en forme, le désir en réalité, et l’ombre en lumière.
La patine de la sculpture varie selon les versions — du bronze profond au vert oxydé, jusqu’aux teintes usées et terreuses — chacune résonnant d’une tonalité émotionnelle distincte : renaissance, déclin, transcendance.
Le socle circulaire, usé mais éternel, évoque le mouvement perpétuel, comme si la sculpture capturait un seul instant d’un cycle infini de métamorphose — un battement figé dans la danse alchimique du cosmos.
Sous la base de chaque statue se cache un labyrinthe, symbole secret du chemin intérieur.
Il représente notre parcours unique et irrépétable à travers les mystères de l’existence, une carte secrète gravée sous la surface, appartenant à chaque âme qui ose en arpenter les détours.
Cet Arcane est à la fois une leçon et un défi : la maîtrise est possible, mais seulement pour ceux qui agissent avec clarté, courage et révérence envers les forces qu’ils cherchent à dominer.
Le Fou apprend que le vrai pouvoir n’est jamais donné : il se réclame, se tempère et s’harmonise — circulant sans fin à travers le huit lumineux du cœur, à travers le Feu, et à travers les cycles éternels de la vie elle-même.

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HIGH PRIESTESS

Grande Prêtresse - l'autre moitié
La Grande Prêtresse — L’Autre Moitié
Entrez dans le monde énigmatique de la Grande Prêtresse, où l’eau coule comme source de toute vie, portant les courants du subconscient, de l’intuition et du savoir caché. Si le Magicien incarne le feu — la manifestation, l’action et la volonté consciente — la Grande Prêtresse incarne l’eau, à la fois matière tangible et flux mouvant de tout ce qui se déploie en profondeur.
L’eau est le miroir de la réalité : elle reflète le monde qui l’entoure, tout comme nos émotions reflètent les courants intérieurs de nos vies. La véritable maîtrise des éléments, ou de soi-même, ne peut être atteinte sans reconnaître et intégrer ces eaux — les forces invisibles qui guident la pensée, l’action et la transformation. L’eau incarne aussi les parties cachées de notre âme qui agissent et décident sans que nous en ayons conscience, nous guidant silencieusement et avec profondeur.
Le titre « L’Autre Moitié » évoque l’équilibre archétypal intemporel entre l’anima et l’animus — le féminin dans le masculin, et le masculin dans le féminin. Il fait aussi écho à ces courants cachés de l’âme, révélant que la plénitude naît de l’intégration du caché et du conscient. Chaque sculpture explore cette complémentarité intérieure, invitant à contempler les forces qui coulent en nous, façonnant nos choix, nos émotions et notre perception.
Chaque élément porte une symbolique multiple : les licornes incarnent la pureté de l’esprit et la quête de la Pierre Philosophale, guidant la transformation. Les dragons, anciens et farouches, représentent les énergies brutes et indomptées du subconscient — à la fois les souvenirs refoulés et les cauchemars, mais aussi les rêves lumineux et les espoirs. Comme l’eau, ces forces doivent être reconnues, traversées et intégrées pour parvenir à la maîtrise de soi et des éléments.
Deux poissons, à l’avant-plan, nagent dans une danse éternelle, symbolisant l’union alchimique du Yin et du Yang, la fluidité des émotions et la phase d’albedo, purification spirituelle. Un lotus rayonnant s’élève au centre de la composition, représentant l’illumination et l’éveil spirituel — la manifestation de l’or intérieur (rubedo), l’aboutissement du Grand Œuvre.
Au cœur de la sculpture, une grande tête émerge de l’eau, symbole des profondeurs de l’esprit subconscient, de l’intuition et de la sagesse cachée. Elle évoque aussi l’inconscient collectif (Jung).
Deux vagues spiralées s’élèvent et s’entrelacent autour de la figure, formant un portail — un seuil entre le conscient et le subconscient, le visible et l’invisible — invitant le spectateur à pénétrer les royaumes cachés du soi.
Ici, l’eau est à la fois substance et symbole : elle reflète la réalité, miroite l’état du monde intérieur et relie la spirale céleste au labyrinthe qui s’étend sous la base.
Ce dialogue crée un voyage réflexif, où les courants de l’émotion, le moi caché et le chemin du labyrinthe s’unissent pour guider le spectateur de la surface de la vie jusqu’aux profondeurs de sa psyché.
Cette tête émergente incarne l’alchimie intérieure : la rencontre consciente avec les vérités enfouies, l’intégration de l’ombre dans la lumière, et la reconnaissance que notre plus grande sagesse émane des courants intérieurs — y compris ceux que nous ne contrôlons ni ne comprenons entièrement.
La figure centrale, humaine mais transcendante, se cambre en un mouvement fluide, presque dansant. Cette posture symbolise à la fois le mouvement et l’écoulement de la transformation, mais aussi l’immobilité, la dévotion et une invocation mystique — un hommage révérencieux aux forces invisibles et au pouvoir des émotions.
Des filaments ondoyants, des textures de coquillages, des spirales végétales et aquatiques surgissant des profondeurs suggèrent le rythme éternel de la vie et les cycles de transformation : nigredo, albedo, rubedo.
Par le jeu des formes, des couleurs et des symboles, cette collection propose un voyage méditatif vers les profondeurs cachées du soi. Chaque sculpture devient un miroir alchimique, reflétant la réconciliation de l’anima et de l’animus — cette « autre moitié » intérieure qui nous complète.
Sous chaque statue s’étend un labyrinthe, symbole secret du voyage intérieur — le chemin invisible qui n’appartient qu’à l’âme qui ose le parcourir.

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JUSTICE


JUSTICE - Entrer dans le royaume du subconscient
Le Seuil
C’est ici que nous franchissons le passage du monde matériel, régi par la raison, vers le domaine du subconscient — un royaume gouverné par l’intuition, le mystère et les forces invisibles qui façonnent l’âme.
Dans le grand voyage des Arcanes majeurs, le chemin se déploie en trois mouvements : les sept premières cartes reflètent le monde matériel et la formation de l’identité ; les sept suivantes nous guident vers la dimension émotionnelle et subconsciente, où le monde intérieur émerge ; les trois dernières ouvrent les portes du plan spirituel, où la conscience transcende la forme.
Cette sculpture se situe précisément à ce second seuil — le passage du visible à l’invisible, de la raison à l’émotion, de la surface à la profondeur.
Sa posture incarne l’équilibre, une harmonie des forces, suggérant que la vraie paix n’est atteinte que lorsque nous engageons le dialogue avec le subconscient — lorsque nous descendons dans les profondeurs de l’émotion, de la mémoire et de l’intuition.
Les symboles alchimiques du feu et de l’eau ornent le tissu de ses bras, proclamant silencieusement l’union des contraires.
Le feu, tel l’esprit, illumine, pousse à l’action et structure la perception ; l’eau, telle le cœur, coule, nourrit et dissout les frontières. Ensemble, ils forment le mariage alchimique des opposés — coniunctio oppositorum — fondement de toute transformation intérieure.
Jung nous rappelle que l’individuation exige l’intégration de ces polarités : intellect et émotion, cerveau et cœur, conscient et inconscient.
Ses ailes, emprisonnées dans la terre, évoquent un potentiel latent : une fois la maîtrise de soi atteinte, nous acquérons des pouvoirs extraordinaires — la capacité de s’élever, de se mouvoir librement, de manifester la clarté et la liberté intérieure.
Elles signalent aussi notre entrée dans un nouveau royaume — celui de l’imagination — où tout devient possible, qu’il s’agisse du merveilleux ou du terrifiant.
La figure angélique incarne ce passage : elle est le guide d’un espace où l’esprit peut créer, rêver, et affronter à la fois les aspects lumineux et obscurs du possible.
La sculpture illustre ainsi le voyage de la descente intérieure à l’éveil des ailes enfouies, montrant que la véritable puissance — comme l’imagination — naît de l’intégration de l’ombre, du sentiment et de la raison.
Ici, le subconscient n’est pas un vide abstrait, mais un paysage vivant d’émotions et de souvenirs — ceux qui affleurent et ceux qui demeurent enfouis, oubliés ou refoulés.
C’est un océan de sensations, un labyrinthe d’échos issus de nos propres expériences.
Dans cet espace intérieur vaste et mouvant, chaque fragment de mémoire devient à la fois guide et obstacle, miroir et gardien du seuil.
Avant de le franchir, un rappel s’impose : ici, seule l’intuition peut mener.
La raison chancelle dans ces profondeurs où les aspects cachés et ombrés de la psyché remontent à la surface.
Le cœur qu’elle porte, lourd et baissé, contient la gravité de vérités longtemps submergées.
La porte devant elle, monstrueuse et vivante, garde l’entrée de cet abîme intérieur : un seuil qui réclame courage, confrontation et révélation.
Toutes les formes émergent à demi ancrées dans la boue, comme si la raison elle-même était enlacée par le subconscient — invisible mais contraignant.
La même matière qui emprisonne ses plumes semble engendrer le portail lui-même — comme si la voie vers la transcendance naissait précisément de la substance qui nous retient.
C’est le paradoxe de la psyché : il faut descendre dans nos peurs pour les dépasser, et la libération se forge dans les profondeurs mêmes que nous redoutons.
Car c’est ici, dans la confrontation avec l’ombre, que commence la liberté.
Rencontrer et accueillir l’ombre, c’est inviter la transformation : tourner les ténèbres en lumière, le chaos en création.
L’épée, à la fois séparatrice et unificatrice, devient l’instrument de cette alchimie.
Elle tranche les illusions qui opposent raison et intuition, leur permettant de coexister dans un équilibre — une harmonie de l’esprit et de l’âme.
Par cet acte, le soi découvre sa plénitude : une intégration de l’ombre et de la clarté, de l’intellect et de l’instinct, de la mémoire et de l’émotion, en une seule conscience lumineuse.
Les textures de la sculpture — filaments fluides, poids de la terre, formes organiques enroulées — vibrent au rythme éternel de la vie : croissance, déclin et renouveau.
Elle se tient à la fois comme portail et comme miroir, invitant à plonger en soi, à affronter les courants cachés de l’âme, et à reconnaître que la véritable transformation naît de l’intérieur.
Ce n’est pas qu’une sculpture.
C’est un voyage — une traversée vers le mystère, la magie et les profondeurs sacrées du soi.
Un appel à voir, à ressentir, à se souvenir, et enfin, à se transformer.
Sous chaque statue repose un labyrinthe, symbole caché de notre voyage intérieur — le chemin secret appartenant à chaque âme qui ose l’emprunter.

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